Moi, pour ou contre l’avortement?

[ Disclaimer ] Je vais débuter ce billet de manière plutôt raide:

Si l’option de l’avortement n’avait pas été possible pour moi en 1992, je n’aurais jamais eu ma fille. Peu importe le moyen de m’en débarrasser.

Contradictoire? Non. Simplement logique. Parce que je me serais aussitôt sentie emprisonnée pour la vie face à toutes les circonstances négatives qu’une grossesse peut représenter à l’âge de 16 ans. Tout d’un coup, ce bébé serait devenu pour moi, un poids plutôt que la chance de vivre les joies de la maternité. Parce que je n’aurais pas eu le choix et parce que je crois très fermement que d’avoir des options face à toute situation, permet de prendre des décisions plus éclairées.

Évidemment ce billet est en réaction à la loi anti-avortement déposée cette semaine par le Sénat de l’État de l’Alabama aux États-Unis.

Ma question : mais pourquoi?

Apparemment, selon eux, les décideurs dont on a vu les photos circuler (et il y a très certainement des femmes parmi le 59% de voteurs qui s’est dit en faveur de cette loi), « chaque vie est précieuse, elle devrait être célébré puisqu’elle est cadeau de Dieu ». Donc c’est religieux.

Mais pourquoi priver une femme de son droit de faire un choix personnel de porter le poids d’un enfant « dans » son ventre pendant 9 mois, « sur » son ventre pendant 9 mois et sur ses épaules sa vie ensuite? Je l’avoue, vu d’même, ça n’a pas l’air réjouissant de devenir maman, mais pour certaines femmes c’est exactement l’état d’esprit qui les habite lorsqu’elles deviennent enceintes alors que ce n’était pas vraiment voulu. Et c’est souvent un choix directement lié à la santé, physique, mais souvent mentale.

Et si c’était simplement parce qu’on ne veut pas devenir maman? Si moi au contraire, j’avais eu l’impression en portant ma fille que tout ça n’était qu’une catastrophe. Si j’avais ressenti une énorme tristesse et une angoisse très profonde au point de ne pas en vouloir au lieu de cette fibre maternelle qui m’habitait. Quelle sorte d’humaine mon enfant aurait été dans la société?

Je ne vais pas vous l’apprendre, l’amour d’une mère est l’une des bases essentielles dans la vie d’un humain. Ça contribue à un équilibre normal pour la suite des choses pis ça part beaucoup mieux dans la vie. Pis mettons que t’es obligée de porter ce bébé et de t’assurer qu’il ne manque de rien pour le reste de ta vie et qu’il t’enlève tout, ce n’est pas ma conception du projet de devenir maman par choix.

Peu importe si ce projet de loi devienne loi en force puisque plusieurs cas pouvant influencer sa mise en vigueur sont encore devant les tribunaux en Alabama, en plus de toutes les mesures qui seront certainement prises à l’encontre de sa mise en vigueur principalement en raison de son inconstitutionnalité, on en a pour quelques années encore à en débattre. Sauf que le fait est que nous sommes en 2019 et je croyais sincèrement que cette situation allait de soi : une femme peut décider de faire ce qu’elle veut se sont corps. Point.

Porter un enfant est supposé te remplir et non pas te vider.

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